syndicat indépendant de la police municipale SIPM
Les jeunes employés en contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) par la mairie de Corbeil-Essonnes ont encore fait parler d’eux. Deux d’entre eux, de 18 et 24 ans ont été condamnés mardi à Evry à trois mois de prison avec sursis à la suite à une violente altercation avec des policiers municipaux. Hier, Jean Delannoy, le président de la délégation spéciale qui dirige la ville en attente des prochaines élections municipales, a annoncé avoir « demandé une enquête administrative pour déterminer s’il y a des sanctions à prendre dans le cadre professionnel ».
Vendredi dernier, sur les coups de 16 h 30, le plus jeune d’entre eux circule à grande vitesse à bord d’un quad sur la piste cyclable qui borde la N 7 quand il est repéré par une patrouille de la police municipale. Cet employé aux ateliers municipaux, encore vêtu de son uniforme fait alors demi-tour, manquant de renverser deux piétons dans sa fuite, mais se fait rattraper par les policiers. Alors qu’ils procèdent à l’arrestation du chauffard, une voiture s’arrête derrière leur véhicule. En sortent six individus, venus « secourir » leur camarade.
Un des policiers reçoit un coup de coude à la carotide et des coups de pied dans les reins après être tombé au sol, entraînant sept jours d’incapacité totale de travail. Les deux autres fonctionnaires de police sont également violentés. L’un d’entre eux parvient à utiliser une bombe lacrymogène pour mettre fin à la bagarre. Les jeunes s’enfuient en voiture, abandonnant sur place le quad, volé quelques jours plus tôt en Seine-et-Marne. Les deux jeunes condamnés ont été interpellés dimanche matin.
Ce nouvel épisode vient s’ajouter à une longue série d’incidents impliquant des jeunes embauchés par la mairie en CAE, des contrats d’Etat pour aider à la réinsertion de personnes désocialisées. En août dernier, un jeune de 18 ans en CAE avait déjà été condamné à un an de prison dont sept mois ferme pour des violences sur policiers aux Tarterêts. Il y a quelques mois, ce sont les vestiaires du centre technique qui avaient failli flamber avant que les hangars de la propreté urbaine partent en fumée. Des incidents qui se sont poursuivis cet été : menaces de mort, dégradations de matériel et relations tendues entre les nouveaux venus et les anciens employés municipaux. Après ces incidents, le maire UMP, Jean-Pierre Bechter, avait dû prendre des sanctions : deux licenciements et six mises à pied.
Hier, le maire sortant et candidat à sa réélection, qui a mis en place ces 75 CAE en février dernier, estime que « 69 d’entre eux ne posent aucun problème. Ce sont toujours les mêmes. Après, je ne suis pas responsable de ce qu’ils peuvent faire en dehors des heures de service, d’autant que je ne suis plus maire ». La délégation spéciale est arrivée en mairie vendredi matin. Mais Bruno Piriou, son adversaire PC, candidat à la mairie, accuse encore une fois « des embauches par clientélisme qui créent de l’insécurité ».
Un jeune employé déjà condamné en août
Le Parisien